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L’intrapreneuriat, qui permet aux collaborateurs de mener des projets innovants au sein de l’entreprise, séduit les grands groupes. Mais si cette tendance répond aux envies nouvelles des salariés, il est indispensable pour les entreprises de préparer soigneusement la mise en place de ces programmes afin d’en tirer le meilleur profit.

Pour la première fois depuis l’an 2000, le nombre de jeunes de 18 à 34 ans qui ont envie d’entreprendre atteint les 55%. Et lorsque l’on demande aux Français le domaine d’activité dans lequel ils se lanceraient s’ils créaient leur structure, 53% des privilégient leur métier actuel.

En confiant autonomie et responsabilité aux salariés, notamment à ceux issus de la fameuse "génération Y", les programmes d’intrapreneuriat constituent donc un bon moyen de retenir dans l’entreprise ces jeunes talents. L’intrapreneuriat permet également aux entreprises d’accélérer leur transformation digitale, à travers le développement de nouvelles offres ou encore le renouvellement des mentalités.

C’est dans cette perspective qu’AXA France développe depuis janvier 2016 l’Accélérateur, un programme d’accélération de projets digitaux. Pour Benoît Cizeron, l’un des trois Innovation Manager de ce programme, l’Accélérateur permet à l’entreprise de "développer des projets digitaux innovants et répondant un besoin client". L’équipe de l’Accélérateur est conçue comme une mini start-up, qui accompagne les équipes opérationnelles dans la mise en place d’un POC (Proof of Concept). Une façon de booster l’esprit d’intrapreneuriat, et de diffuser équipe par équipe une méthodologie qui favorise l’innovation. Retour sur quelques règles essentielles au succès de ce programme et de tout programme d’intrapreneuriat.

Diffuser de la créativité, une approche pragmatique de l’expérience digitale ainsi qu’un nouvel état d’esprit au sein de l’entreprise.

1 – En amont, sensibiliser les managers aux bienfaits de l’intrapreneuriat

Alors que les grands groupes sont souvent associés à la rigidité de leur organisation, l’intrapreneuriat vise à remettre l’innovation au centre des préoccupations des salariés.

Sensibiliser les managers aux bonnes pratiques de l’intrapreneuriat apparaît alors essentiel. En effet, il faut éviter qu’une forme de défiance ne s’installe entre les porteurs de projets, qui bénéficieront d’une forme d’indépendance, et les managers, qui peuvent se sentir dépossédés de leurs prérogatives. La réussite d’un programme d’intrapreneuriat dépend donc en grande partie de la capacité de l’entreprise à repenser ses méthodes managériales. L’initiative individuelle et l’intelligence collective doivent être perçues au service de l’organisation, et non comme des facteurs la remettant en cause.

2 – En phase de lancement, fédérer les équipes au sein du projet

L’initiative intrapreneuriale ne repose pas que sur un porteur de projet, mais sur une équipe élargie composée de sponsors internes (soutiens hiérarchiques ou partenaires provenant d’autres équipes ou directions). S’ils constituent l’écosystème qui permettra la croissance du projet, l’ensemble des membres de l’équipe n’ont pas nécessairement les mêmes objectifs ou encore les mêmes indicateurs de réussite.

Afin de s’assurer du bon développement de l’incubation, les objectifs du projet doivent être clairement définis et partagés par l’ensemble des parties prenantes dès son lancement. "Un bon moyen de partager les mêmes objectifs, et donc de tous tirer dans le même sens, est de placer la valeur d’usage pour le client au cœur de la raison d’être du projet"., explique Benoit Cizeron.

3 – Accélérer les projets … et savoir les arrêter

Pour être efficace, un programme d’intrapreneuriat suppose de s’affranchir de certains processus de validation. Pour ce faire, l’Accélérateur AXA est une équipe dédiée à l’amorçage de nouveaux projets dans l’entreprise, et dont l’un des objectifs est de faciliter le passage de l’idée au prototype : "Nous disposons de la pleine confiance du management, mais aussi celle des collaborateurs grâce à un processus et des livrables clairs, explique Benoit Cizeron. Cette responsabilisation de chacun crée les conditions idéales pour avancer et passer à l’industrialisation si le prototype est jugé probant". poursuit-il.

Ce prototypage rapide permet de tester les projets très en amont afin d’évaluer précisément leur potentiel et décider si un plus fort investissement en termes de temps et d’argent est nécessaire. Mais l’équipe de Benoît Cizeron "valorise aussi bien la continuation que l’arrêt des projets". Car au-delà de la création de valeur, l’objectif reste avant tout de "diffuser de la créativité, une approche pragmatique de l’expérience digitale ainsi qu’un nouvel état d’esprit au sein de l’entreprise". Plus de confiance pour mieux préparer l’avenir, en quelque sorte.