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En 2013, les automobilistes âgés de 18 à 25 ans ne représentaient que 4 % de l'ensemble des conducteurs sur les routes françaises. Pourtant, en dépit des campagnes de publicité ciblée, ils sont toujours les plus vulnérables au volant. L'an passé, plus d'un conducteur sur cinq qui a perdu la vie au volant était issu de cette tranche d'âge.

Parmi les pistes envisagées pour combattre ce phénomène, l'abaissement de l'âge de la conduite accompagnée de 16 à 15 ans semble être celle privilégiée par le Conseil national de la sécurité routière (CNSR). Les chiffres révèlent en effet que les automobilistes ayant bénéficié de l'apprentissage anticipé de la conduite (AAC) ont deux à trois fois moins d'accidents que les autres jeunes conducteurs.

Des avis partagés

Conduire à 15 ans, une idée qui ne laisse pas les Français indifférents. Jeanne, 31 ans, commerciale, a obtenu son permis après avoir suivi la conduite accompagnée. Résidente en région parisienne, elle utilise son véhicule au moins deux heures par jour. Pour elle, la conduite doit être "réservée aux adultes". "Je me souviens qu'à 16 ans, je n'avais pas conscience du danger. Je pense que je représentais un vrai danger pour les autres usagers, malgré l'encadrement de mes parents", regrette-t-elle.

Tous les automobilistes ne partagent pas cet avis. Bertrand a 56 ans, et trente-cinq ans de conduite derrière lui. Routier, il compte à son actif plusieurs centaines de milliers de kilomètres et n'a jamais connu d'accident grave. "Ce n'est pas une question d'âge, mais de formation, explique-t-il. À 15, 18 ou 25 ans, l'important, c'est de pratiquer dans de bonnes conditions. La plupart des accrochages sont dûs à l'inexpérience et l'inconscience que les automobilistes ont du danger. Si la formation de ces jeunes conducteurs est adaptée, il n'y a aucune raison pour qu'elle ne débute pas à 15 ans. Au contraire !"

Un point de vue partagé par le CNSR, qui insiste sur le fait que la conduite des deux-roues motorisés dont la cylindrée est inférieure à 50 cm3 est accessible aux jeunes dès l'âge de 14 ans.

Plus de temps et plus de kilomètres

La mesure envisagée par le CNSR prévoierait l'ouverture du dispositif aux jeunes de 15 ans, qui devraient ainsi rouler 4 000 km contre 3 000 actuellement. Un système déja expérimenté par la Suède et qui a permis de réduire de 20 % le nombre d'accidents impliquant des jeunes conducteurs.

Si l'argument de la sécurité est prépondérant, l'intérêt économique d'une telle mesure n'est pas non plus négligeable. L'an passé, les candidats au permis B ont déboursé en moyenne 1 665 € pour financer leur formation. Ce coût a été ramené à 1 110 € pour les conducteurs qui avaient bénéficié de la conduite accompagnée.

Une économie substantielle réalisée grâce à un meilleur taux de réusite, rapporte la Sécurité routière. Elle précise que 70 % des candidats ayant bénéficié de l'AAC obtiennent leur permis du premier coup contre 50 % des candidats ayant été formés par une voie traditionnelle.