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A quoi ressemblera la chirurgie de demain ? Bertin Nahum, entrepreneur français et président fondateur de Medtech, acteur majeur du marché français de la robotique chirurgicale, répond que le bloc opératoire sera plus robotisé et les chirurgiens plus précis que jamais. Sa société développe et vend le robot ROSA Brain, robot d’assistance à la neurochirurgie, et ROSA Spine, dédié à la chirurgie de la colonne vertébrale.

A quel point la chirurgie pourrait-elle être robotisée ?

Bertin Nahum, fondateur de la société Medtech

La médecine est déjà robotisée aujourd’hui, et avec succès ! Par exemple, pour la chirurgie de la prostate, opérer avec un robot est devenue une solution standard. En France, 60% de ces opérations sont réalisées avec le robot Da Vinci. Et cette tendance va s’amplifier : le marché mondial de la robotique chirurgicale représente aujourd’hui un chiffre d’affaires total de 3 milliards de dollars et devrait atteindre 20 milliards à horizon 2020.



Vous avez donc de nombreux concurrents ?

Peu de sociétés sont actives dans ce domaine, car il faut avoir les compétences pour concevoir les robots et obtenir les certifications réglementaires. Nous avons quelques concurrents mais en réalité, notre véritable concurrent est la chirurgie traditionnelle : nous devons convaincre les chirurgiens d’évoluer vers de nouvelles pratiques opératoires qui visent à sécuriser et à fiabiliser l’acte chirurgical.

Comment imaginez-vous un bloc opératoire dans 20 ans ?

Le bloc opératoire est un des derniers lieux de résistance à la généralisation de la technologie et de l’informatique. L’acte chirurgical reste artisanal, avec des outils finalement rudimentaires. Désormais, le bloc est en train de se mettre à niveau en se dotant d’imagerie médicale, de bras robotisés, d’imagerie 3D, de lasers… de toutes les technologies qui pourront fiabiliser et réduire l’aléa chirurgical.

Cette technologie va-t-elle renchérir le coût de la santé ?

Il en va de la médecine comme de toutes les innovations technologiques. Par exemple, l’ABS qui évite le blocage des roues lors du freinage d’un véhicule était une option coûteuse pour les voitures haut de gamme à ses débuts et est désormais intégré automatiquement dans tous les nouveaux véhicules. La robotique chirurgicale suivra le même chemin.

La robotisation permettra-t-elle d’opérer à distance ?

Quelles que soient les possibilités technologiques, il faut toujours avoir en vue le bénéfice du patient. Le chirurgien n’a aucun intérêt à opérer à distance, sauf cas extrême. Cela coûte plus cher que de payer les billets d’avion à toute une équipe chirurgicale ! Les risques en cas de problème de transmission et de connexion sont trop importants et la question de la responsabilité juridique en cas de problème est insolvable. Le robot qui permet d’opérer à distance demeurera finalement du domaine de la science-fiction !

Reportage réalisé par Doctissimo: présentation du robot ROSA™