Publié le

Alors que 83% des SDF avouent ressentir un rejet des passants et des commerçants*, la start-up le Carillon, lancée fin 2015, travaille à la création d’un tissu solidaire de commerçants et de particuliers pour leur offrir des services dédiés. Zoom sur une initiative citoyenne et engagée.

Concrètement, le principe est simple : le Carillon fédère des commerçants prêts à apporter aux SDF des services de première nécessité, comme l’accès à l’eau, la possibilité de chauffer un repas ou passer un appel. Ils l’indiquent via un macaron apposé sur la vitrine, qui signale aux bénéficiaires les services qu’ils trouveront dans ce commerce. Ce macaron est aussi un moyen pour les particuliers de privilégier des commerces qui font preuve d’un engagement citoyen, et « de transformer leur carte de crédit en bulletin de vote du quotidien », résume Louis-Xavier Leca. Chaque mois, le Carillon organise un événement « Le Carillon sonne tous les 11 » pour réunir commerçants et particuliers, et collecter des objets qui seront ensuite redistribués aux SDF via des maraudes et dans les commerces partenaires.

Louis-Xavier Leca, fondateur du Carillon, a mûri cette idée pendant plusieurs années avant de se lancer fin 2015, avec notamment le soutien de la Fondation Carrefour. Pour lui,
« le Carillon vient compléter l’action des grandes associations en proposant de réintégrer les citoyens qui le souhaitent au cœur de l’action sociale. Commerçants et particuliers sont ainsi invités à s’engager au service des personnes à la rue. »


Aujourd’hui implanté dans l’Est parisien, le Carillon prévoit de poursuivre jusqu’en juin 2016 son expérimentation locale afin d’ajuster le bon ratio d’implantation dans chaque quartier. Mais l’équipe a d’ores et déjà la certitude que le projet séduit : depuis son lancement, l’association a reçu des demandes de personnes, dans plus de 130 villes, pour implanter le projet « chez eux ». La prochaine mission de Louis-Xavier Leca pour poursuivre ce développement sera de convaincre également les pouvoirs publics et les acteurs privés de l’importance de soutenir cette initiative.


*Etude BVA / Emmaüs