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La technologie blockchain permet de gérer et d’archiver de manière fiable un ensemble de transactions. Mais saviez-vous qu’il n’y a pas une blockchain, mais une multitude de communautés blockchain dont les options et règles d’utilisations varient de l’une à l’autre ? Cette technologie flexible peut donc s’adapter à de nombreux secteurs d’activité. Partez à la découverte des utilisations qui pourraient bien révolutionner votre quotidien !

Échanger de l’énergie

Dès notre réveil, un ensemble de machines se mettent à notre service, consommant de l’énergie : machine à café, ordinateur, télévision, etc. Imaginons à présent un ensemble énergétique où chaque production ou consommation d’énergie est tracée dans une blockchain. Madame Dupont serait ainsi capable de redistribuer localement l’énergie produite par ses panneaux solaires à son voisin, Monsieur Martin, moyennant contrepartie financière. C’est ce que les habitants de Brooklyn qui le souhaitent ont déjà la possibilité d’expérimenter grâce à la communauté TransActive Grid.

Régler ses achats

La manière que nous avons de payer nos achats pourrait être bouleversée par l’irruption de la blockchain. Aujourd’hui, les paiements sont centralisés par quelques acteurs tels que Visa, MasterCard ou encore American Express. Or, les monnaies traditionnelles restent liées à un territoire géographique donné et soumises à des fluctuations. Étant mondiales et indépendantes, les cryptomonnaies, Bitcoin ou autres, s’affranchissent de ces contraintes et ouvrent de nouveaux horizons, loin des banques de détail… voire des banques centrales ! L’utilisation d’un porte-monnaie Bitcoin permet déjà de payer sa note chez de nombreux e-commerçants, parmi lesquels Amazon, Subway, eBay ou encore Tesla.

Dématérialiser et gérer ses contrats

Les transactions légales entrent également dans le champ d’application de la blockchain : facturation, signature de contrats, acte d’achat et de vente (de biens physiques ou numériques). Par exemple, la vente de musique via la blockchain, incluant la contrainte de la propriété intellectuelle est aujourd’hui testée par Ujo Music, mettant directement en relation artiste et amateur de musique.

Enfin, le domaine de l’assurance peut tirer parti de la robustesse de la blockchain pour la reconnaissance des clients, la déclaration de sinistre ou encore le versement d’indemnités. L’investissement récent d’AXA dans Blockstream constitue un signal fort adressé à l’ensemble du secteur.

Disposer d’une identité numérique

L’identité numérique certifiée par les États se déploie en Europe. Il est ainsi possible de devenir e-résident estonien, d’obtenir une signature numérique et d’accéder à des services tels que l’ouverture d’une entreprise, ou encore d’un compte bancaire. Fin 2015, l’Estonie a scellé un partenariat avec BitNation afin de permettre aux e-résidents d’enregistrer leurs mariages, actes de naissance ou encore les contrats de leurs entreprises dans une blockchain.

La gestion de la propriété du territoire, grâce à un cadastre transparent et inaltérable basé sur les coordonnées GPS, est également à l’étude. C’est ce que Bitland souhaiterait déployer au Ghana.

Mieux profiter des potentialités de l’économie collaborative

L’économie collaborative, du partage et du prêt est un terrain de jeu idéal pour la blockchain : les transactions peer to peer sont nombreuses, les utilisateurs légion, et l’historique est clé pour régler de potentiels litiges entre utilisateurs. En Israël, LaZooz propose un service de covoiturage en temps réel, entièrement détenu par la communauté. Les intermédiaires sont ainsi supprimés puisque LaZooz est entièrement autogérée.

Les réseaux sociaux ne seront enfin pas en reste. Steemit met par exemple en relation lecteurs et écrivains : à chaque lecture et like d’un contenu, l’écrivain accumule des Steems, une cryptomonnaie dont la valorisation a explosé à l’été 2016. Une nouvelle manière de se faire connaître et de valoriser son talent.

Si les usages de la blockchain restent encore largement à découvrir, les services les plus innovants devront passer l’épreuve du modèle d’affaire. En d’autres termes, ils devront générer de l’intérêt pour les utilisateurs ainsi que des revenus pour ceux qui la font fonctionner et valident les transactions (les fameux "mineurs"). Toujours est-il que dans cette période de défrichage des usages, la blockchain risque bien de s’inviter dans notre quotidien et bousculer nos habitudes...