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Depuis septembre 2015, le jet de mégots sur la voirie parisienne est puni d’une amende de 68€. Sévère mais nécessaire lorsqu’on sait que chaque année, plus de 70 milliards de mégots sont jetés rien qu’en France, et que chacun peut polluer à lui tout seul 500 litres d’eau ! Des initiatives fleurissent donc un peu partout pour les collecter et leur assurer une seconde vie. En voici 4.

De la pause clope au recyclage

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Et si une entreprise venait directement collecter les mégots sur les lieux où ils sont jetés pour les recycler ensuite ? C’est le service proposé par Cy-Clope, start-up lyonnaise créée en 2015, qui fournit aux entreprises des cendriers spécialement conçus *pour récupérer un maximum de mégots. Cy-clope fait ensuite sa collecte pour alimenter des filières de recyclage : papier, cendre et tabac servent à *fabriquer du compost et les filtres sont transformés en matière plastique. Les entreprises utilisant ce service bénéficient en sus d’un bilan environnemental régulier fourni par Cy-Clope sur l’impact positif de cette démarche.

Dans la Brigade des mégots

Mais le recyclage peut aussi être une aventure citoyenne. TerraCycle, entreprise américaine, a créé les Brigades des Mégots, composées d’adultes bénévoles qui collectent les mégots en vue de les transformer en compost et en plastique. A titre d’exemple, pour réaliser un fauteil de jardin en plastique, il faut compter entre 1 000 et 2 000 mégots, d’après Tom Szaky, le fondateur de TerraCycles. A noter, ce programme existe aux Etats-Unis, mais aussi en Espagne, en France, au Royaume-Uni et de nombreux autres pays du monde.

Des batteries à base de mégots

La recherche aussi se penche sur les déchets des cendriers. Des scientifiques de Corée du Sud pensent pouvoir recycler les mégots en énergie ! Ils ont réussi à transformer l’acétate de cellulose des filtres en matériau poreux, très performant pour stocker de l’énergie. Les premiers tests réalisés montrent que ce matériau aurait de meilleures propriétés de stockage que le carbone aujourd’hui utilisé dans les batteries… A suivre.

Le mégot d’art va naitre

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Et si rien n’y fait, le mégot résiste à nos envies de recyclage, il pourrait devenir une inspiration artistique. En 2014, le Brésilien Antonio Da Silva, ulcéré par les mégots qui jonchent le sol de São Paulo, a ramassé plus de 54 000 mégots pour créer une œuvre d’art. Son objectif : attirer l’attention des habitants de la ville sur la pollution que représentent leurs mégots et les inviter à des comportements plus respectueux. L’histoire ne dit pas combien de temps il lui a fallu pour réunir tous les mégots nécessaires à sa création. Ni si celle-ci est partie… en fumée.