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Les villes sont un concentré de personnes, elles bouillonnent d’activité et représentent un catalyseur du réchauffement climatique. Elles produisent aujourd’hui 70% des émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie. D’ici 2030, 60% de la population mondiale sera urbaine. Les villes se trouvent donc au cœur des enjeux climatiques ; elles ont un rôle déterminant à jouer dans la préservation de la planète.

Alors comment vont-elles s’adapter ? Comment vont-elles gérer l’émergence de nouveaux risques économiques, sociaux et environnementaux ? À l’heure de la COP21, voici 5 villes qui pourraient servir de modèle.

1 - L’objectif "zéro déchet" de San Francisco

Parmi les villes pro environnement, San Francisco fait figure d’emblème. Il y a près de 15 ans, la ville s’est engagée à atteindre "zéro déchet" en 2020. Pour y parvenir, elle est devenue en 2007 la première ville des États-Unis à interdire l’utilisation des sacs plastiques. Depuis, la mairie a également doté chaque habitation de trois poubelles : verte pour le compostage, bleue pour le recyclage, noire pour les autres déchets. Plus le volume de la poubelle noire est faible, moins la taxe de ramassage des ordures est élevée. Et cela fonctionne puisqu’aujourd’hui, près de 80% des déchets de la ville sont recyclés ou compostés ! En 20 ans, San Francisco a ainsi réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 12%.

2 - À Curitiba, la mairie réduit le besoin de voitures

Depuis 1960, la ville brésilienne de Curitiba a fait du développement durable un principe sacré, devenant même la "cité modèle d’Amérique latine". Depuis 1960, sa politique des transports a par exemple été associée à sa politique d’urbanisme dans un effort constant pour diminuer le besoin de voiture des habitants. Les zones de logements ont été connectées aux transports collectifs et aujourd’hui, 70% de la population utilise ces derniers. À lui seul, le système de bus évite près de 30 millions de déplacements en voiture chaque année.

A Curitiba, le système de bus évite près de 30 millions de déplacements en voiture chaque année.

3 - Reykjavik, la perle verte islandaise

Pour ses 120 000 habitants, la capitale islandaise a fait le choix des énergies renouvelables. La ville a donc tout misé sur ses ressources énergétiques particulières, issues de sa géologie unique et de son hydrographie. Son énergie est donc principalement géothermique et hydraulique avec un excellent résultat puisque seul 0,9% de l’énergie consommée par la ville est d’origine fossile.

4 - Vancouver et son code du bâtiment inédit

Depuis des années, cette ville de l’ouest canadien promeut des actions de développement durable, parmi lesquelles la construction écologique. En 2010, le village construit spécialement pour les Jeux Olympiques d’hiver est le premier quartier certifié LEED Platine, le plus haut niveau d’excellence écologique pour une habitation. Une réussite qui s’inscrit dans l’objectif ambitieux fixé par la mairie : devenir la ville la plus verte du monde en 2020. À partir de cette date, tous les bâtiments construits dans la métropole devront alors présenter une empreinte carbone nulle.

5 - Trondheim fait pousser des jardins contre les inondations

Le changement climatique est responsable d’une augmentation des précipitations dans certaines zones du globe, avec pour conséquence désastreuse la multiplication des inondations. Pour lutter contre ce risque parfois dramatique, la ville de Trondheim, au nord de la Norvège, a installé des jardins pluviaux. Ceux-ci absorbent les eaux de pluie et permettent de mieux gérer leur écoulement. Ce système ingénieux a permis de réduire de 100% le risque d’inondation tout en augmentant le nombre d’espaces verts de la ville.

Le point commun entre ces 5 villes ? L’adoption d’une démarche de "résilience". La résilience est la capacité à absorber les perturbations survenues avec le réchauffement climatique et à se réorganiser pour maintenir les habitudes de vie des populations. Mais cette démarche implique des aménagements territoriaux qui nécessitent aussi un accompagnement de partenaires privés. Les villes comptent ainsi sur des experts du climat ou de l’analyse du risque, comme les assureurs, pour les aider à développer des stratégies d’adaptation. La collaboration entre les différents acteurs urbains (mairie, population, entreprises, etc.) se trouve en effet au cœur des principes du développement durable de nos futures "smart cities".