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La COP 21, qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, vise l’adoption d’un accord global sur le climat pour limiter la hausse des températures à 2°C. "Réduite à la négociation" suite aux attentats parisiens, la conférence devra répondre à de nombreux enjeux.

"Plus tard ce sera trop tard", "Nous ne pourrons pas dire à nos enfants que nous ne savions pas", "7 milliards d’habitants, une seule planète". Difficile d’échapper aux slogans dévoilés le 6 novembre par Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères et président de la COP 21. Mais derrière ces phrases fortes, que peut-on attendre de cette conférence ? Cinq objectifs pour une COP 21 réussie.

1 - Fixer des engagements chiffrés

195... "Quelle que soit l’issue de la conférence, vous aurez 195 engagements chiffrés", soulignait à la fin de l’été Nicolas Hulot, envoyé spécial pour la protection de la planète (1). En amont de la conférence, et pour la première fois, tous les pays se sont en effet engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, dans le but de contenir le réchauffement planétaire global en dessous de 2°C. La COP 21 doit donc permettre d’enclencher une forte réduction des émissions globales. A ce titre, la Chine, premier émetteur mondial de C02, s’est engagé à plafonner ses émissions avant 2030 puis à les réduire.

2 - Un accord à caractère contraignant

C’est le souhait émis par le président Hollande, qui ne veut pas se contenter de vœux pieux. "Je sais combien c’est difficile, mais nous devons donner à l’accord de Paris, si accord il y a, un caractère contraignant au sens où les engagements qui auront été pris devront être tenus et respectés". Pas si simple quand on sait par exemple que John Kerry, peu avant la COP 21, a dû ménager le congrès de son pays, majoritairement républicain, en rappelant les intentions américaines dans le Financial Times "Ce ne sera certainement pas un traité (…) Il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants, comme cela avait été le cas à Kyoto".

La nature juridique de l’accord issu de la COP 21 sera donc discutée, mais, comme le résumait Laurent Fabius, le plus important reste qu’"un certain nombre de dispositions doivent avoir un effet pratique, c’est une évidence".

Les engagements des Etats doivent être un plancher et non pas un plafond.

3 - Un accord "plancher" plutôt que "plafond"

"Les engagements des Etats doivent être un plancher et non pas un plafond", estime Alix Mazounie, chargée des Politiques Internationales au Réseau Action Climat (2). L’un des grands défis de la COP 21 est en effet de créer "un corridor d’efforts, dont la pente pourra être renégociée tous les cinq ans sans qu’il soit nécessaire d’en repasser par un traité international", selon l’économiste en chef de l’Agence française de développement, Gaël Giraud.

Soixante ministres, réunis sur les bords de Seine début novembre, se sont engagés à dresser tous les 5 ans un bilan des contributions climatiques de chaque pays. Ce sont ces rendez-vous réguliers qui devraient "permettre de revenir vers une trajectoire compatible avec les 2°C", selon Pascal Canfin, ancien ministre délégué au Développement.
Premier rendez-vous pour réviser ces engagements en 2017 ou 2018.

4 - "Blacklister" le carbone

Autre chantier majeur de la COP 21 : sortir des énergies les plus émettrices de CO2 et faire fondre les aides publiques qui leurs sont affectées. Il est urgent de "mettre en place un "signal prix carbone" dans l’économie mondiale pour dissuader les investissements de s’orienter vers les énergies fossiles et de réduire les soutiens à ceux-ci", insistent Alain Grandjean et Pascal Canfin dans leur rapport Mobiliser les financements pour le climat, remis en juin dernier au Président de la république.

5 - Faire des énergies vertes une option viable pour les pays en cours d’industrialisation

En 2009 à Copenhague, lors de la COP 15, les gouvernements se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour permettre la transition énergétique des pays en développement. Grâce aux aides financières, ces pays qui s’industrialisent et s’urbanisent très vite, pourront rationnellement opter pour des énergies renouvelables et non polluantes. L’OCDE a publié, cet automne, un rapport montrant que plus de 61 milliards de dollars auraient déjà été réunis. "Les 100 milliards de dollars ne représentent que 0,2% du PIB des pays développés, mais les investissements climat qu’ils rendront possibles représentent en moyenne 8% du PIB actuel des 39 pays en développement" explique la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme dans son Thermomètre des engagements. "On mesure, à la lumière de ces chiffres, l’importance que cette promesse soit tenue. C’est le prix de la solidarité et l’assurance d’un futur viable".


(1) dans une interview publiée dans le journal Les Echos.
(2) France culture, le 09/11

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